PREPARONS LA RELÈVE !
Par : Richard Fahey
Ce qui semblait n'être qu'une impression est devenue une bien triste réalité : une majorité des propriétaires d'entreprise ne prévoient pas de plan de succession pour leurs commerces, leurs firmes ou leurs usines. C'est ce qui ressort de la dernière étude publiée par la fcei. Ces résultats doivent susciter une prise de conscience rapide de tous les acteurs, car c'est la pérennité des entreprises qui est en jeu.
Une retraite sans planification
Parmi les principaux résultats, on note que la majorité des propriétaires (71 pour cent) prévoit se retirer de leur entreprise ou en transférer le contrôle au cours des dix prochaines années. Comparativement à leurs voisins canadiens, les propriétaires d'entreprise au Québec sont moins susceptibles de vouloir prendre leur retraite d'ici cinq ans (31 pour cent), tout comme les entrepreneurs du secteur de l'agriculture [34 pour cent] et de l'éducation, des services sociaux et de la santé (36 pour cent). La retraite est la principale raison pour laquelle les propriétaires d'entreprise souhaitent quitter leur entreprise, comme l'indiquent 82 pour cent des répondants.
Par ailleurs, on apprend que seulement le tiers (35 pour cent) des PME canadiennes ont planifié la vente ou la transmission de l'entreprise ou la réduction des activités futures. Cependant, quand un plan existe, il est plus souvent non écrit ou informel et ces auteurs ont souvent négligé les principaux obstacles au transfert.
Choix d'un successeur
Parmi les PME qui ont élaboré un plan de relève, seulement 51 pour cent ont choisi un successeur. Les plus grosses entreprises sont plus susceptibles d'avoir choisi un successeur que les plus petites, ce qui peut être dû au fait qu'elles ont plus de ressources, financières et autres, et de temps pour s'occuper des questions liées à la relève.
En outre, seulement une PME sur quatre [28 pour cent] qui n'a pas encore choisi de successeur a intégré un processus de sélection dans son plan de relève. La tâche consistant à trouver et à former un successeur sur une si courte période, que l'entreprise ait ou non un plan de relève, peut présenter tout un défi à certaines de ces entreprises.
Elaboration du plan de relève
L'élaboration d'un plan de relève exige souvent les conseils et les services de divers professionnels ou des partenaires internes dans l'entreprise, comme les gestionnaires et les employés clés, ainsi que des membres de la famille et du ou des successeur(s) si le choix a déjà été arrêté. Les professionnels dont l'assistance est le plus souvent demandée sont les comptables et les avocats. Il est beaucoup plus rare qu'on ait recours aux services d'autres professionnels. Fait préoccupant, seulement 16 pour cent des propriétaires de petite entreprise demandent l'opinion de leur successeur au moment d'élaborer leur plan. Ceux qui emploient des membres de la famille sont légèrement plus susceptibles de l'avoir fait (18 pour cent) que ceux qui n'en emploient pas.
Les avantages de la planification
La planification de la relève longtemps à l'avance procure d'importants avantages aux propriétaires actuels; avant même le moment où ils ont prévu se retirer de leur entreprise. Ces avantages peuvent être d'ordre financier, comme une stabilité financière accrue ou une hausse de la valeur nette de l'entreprise.
Cependant, plusieurs avantages non financiers peuvent aussi en découler, notamment de meilleures relations avec les employés et les membres de la famille qui participent à l'entreprise. Une écrasante majorité de propriétaires de pme qui ont un plan de relève reconnaissent les avantages de planifier à l'avance. Quatre-vingt-deux pour cent d'entre eux ont indiqué que le fait d'avoir un plan de relève les avait aidés à subvenir aux besoins de leur famille après le transfert. C'est le cas, par exemple, quand le propriétaire inclut des polices d'assurance-vie, au profit d'un premier bénéficiaire, et d'assurance-invalidité dans son plan de relève. Après la protection de la famille, les propriétaires qui ont un plan de relève admettent qu'ils ont réduit leurs obligations fiscales futures (76 pour cent) et amélioré la stabilité financière de leur entreprise (75 pour cent).
Les faits sont là pour le prouver. Si vous prévoyez prendre votre retraite d'ici les prochaines années il faut déjà commencer à
planifier maintenant. Si le Québec nécessite un secteur privé fort et dynamique, encore faut-il s'assurer que nos entreprises ne ferment pas leurs portes, une fois la retraite de leurs dirigeants annoncée.

















