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BREF SURVOL DE L’INDUSTRIE DE LA CORDONNERIE AU QUÉBEC


Par : Jacques Desforges

Le cordonnier est à mon avis un personnage très folklorique au Québec. Encore aujourd'hui, bon nombre de cordonneries sont sombres avec beaucoup de poussière sur les souliers et les sacs. Le cordonnier est à l'arrière, seul avec sa machine.



Il ne vient à l'avant qu'au son de la sonnette lui indiquant qu'un client a passé le seuil de la porte. Même si vous lui remettez le coupon, il ne trouve pas vos chaussures et vous demande de les décrire!



Peut-être...est-ce de là que vient le vieux dicton « CORDONNIER MAL CHAUSSÉ » ! Aussi, dans la mentalité des gens, on pense encore à tort, que le cordonnier n'est qu'un vulgaire réparateur de semelles et de talons. Selon Luc Dicaire, directeur du centre de formation en cordonnerie Le Chantier, « Le cordonnier peut réparer des toiles de bateau, des articles de sports. Il peut faire sur mesure des articles spécifiques comme des tabliers pour serveurs, etc. Même chez certains laboratoires d'orthopédie, on aime mieux engager un cordonnier de formation (car la moyenne des salaires est de 10 $ de l'heure) qu'un collégien en orthopédie, pour les travaux de collage, de finition et d'élévation et cela au millimètre près! »



LA TENDANCE AU QUEBEC



Historiquement, le métier de cordonnier était transmis de génération en génération. Seulement une minorité des postes relevait d'une formation technique suivie dans un centre professionnel financé par Emploi et Immigration Canada. Ce temps est maintenant révolu. Il y a au Québec deux centres (un à Québec et l'autre à Laval), pour ceux et celles qui veulent en faire un métier ou une carrière. Selon, M. Robert Brideau, directeur de la microfranchise canadienne en expansion au Québec, Moneysworth & Best « Le cordonnier indépendant réussit s'il est bon. Mais il risque de disparaître à la 2e ou 3e génération ».



Nous remarquons qu'il n'existe pas de Corporation professionnelle pour les cordonniers. Mais nous croyons que ça peut être possible très bientôt. Le marché est en plein développement et a littéralement changé. Il y a une pénurie de cordonniers partout dans les banlieues. « Pour être rentable, un cordonnier vit très bien avec une population de 10 000 personnes », affirme M. Dicaire.



Mais ce n'est pas tout. Les habitudes des gens ont changé. « Les gens n'achètent plus du made in Taiwan . Ils achètent de la qualité et font maintenant attention de faire les réparations qui s'imposent pour garder le plus longtemps possible leurs articles au lieu de les jeter. La paire de souliers de qualité ne devrait être portée qu'aux deux jours pour être mise sur la forme en cèdre une journée, afin de prévenir l'humidité et de garder la forme du soulier » conseille M. Brideau. Nous avons été témoins de l'apparition d'un nombre croissant de boutiques de chaussures haut de gamme partout au Québec et en particulier à Montréal.



C'est une industrie florissante. Toutefois, encore 50% des gens n'achètent pas pour la qualité mais plutôt pour la « mode bas de gamme et jetable ». Ceux-là ne font pas réparer, ils jettent!» Selon M. Gilles Charrette, de la microfranchise MAESTRO, une cordonnerie que l'on trouve à l'intérieur des Nettoyeurs Daoust-Michel Forget depuis quatre ans, « Le marché est au ralenti depuis 5 ans, surtout à cause de la mode des gros talons et des souliers de course ainsi que des cordonniers incompétents. Tout cela a provoqué une baisse des visites chez le cordonnier. Le chiffre d'affaires des fournisseurs le confirme aussi. Mais le marché va changer bientôt pour le mieux. Aussi, pour aider l'industrie, il devrait être régi, un peu comme en Europe ».



LE FRANCHISAGE DE LA CORDONNERIE RÉVOLUTIONNE L'INDUSTRIE ET SE DÉVELOPPE EN MICROFRANCHISES



Fini le temps du cordonnier mal chaussé. Par exemple, la chaîne canadienne Moneysworth & Best ouvrira quatre cordonneries au centre-ville de Montréal, et d'autres à l'intérieur du Loblaws de Laval, de la Gare Jean-Talon et de Ville Lasalle. Ce qui portera le nombre à 11 succursales au Québec. Leur objectif est d'en ouvrir plus de 50 au Québec. Au Canada (Québec compris), il en existe déjà près d'une centaine. Le concept MAESTRO est aussi de la partie. Il continuera de s'implanter principalement à l'intérieur des nettoyeurs Daoust et Michel Forget et dans d'autres nettoyeurs indépendants.



Le taux actuel de placement des diplômés Le Chantier (32% sont des femmes), est de plus de 98% Le salaire varie de 8 $ à 15 $ de l'heure. Pour les gens à leur compte (plus de 70%) dans les microfranchises, le chiffre d’affaires annuel peu atteindre entre 30 000 $ et 150 000 $.

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