COMMENT FAVORISER L'ENTREPREUNARIAT ?
Par : Richard Fahey
Naître entrepreneur, rêver dès son jeune âge à avoir un commerce, à ouvrir un restaurant, ce n'est pas l'apanage de tous nos gens d'affaires. Chez certains d'entre eux, devenir entrepreneur intervient plus tard dans la vie, au moment où tout se met en place; plan d'affaires, financement, produit ou service à développer et le temps nécessaire à investir dans ce projet.
Or, au Québec, il y a moins d'entrepreneurs que dans le reste du Canada. La situation se résorbe depuis trois ans, selon les derniers chiffres du Global Entrepreneurship Monitor [GEM], une vaste étude mondiale dans lequel participe, notamment HEC-Montréal. Chose certaine, malgré l'amélioration marquée en la matière partout au Canada, il faut espérer que l'on assiste à un dynamisme accru à ce chapitre. Il y a sûrement des causes culturelles ou structurelles à ce retard, mais un environnement fiscal stimulant pourrait contribuer davantage à son épanouissement. Voici quelques points d'un plan proposé par la FCEI au Premier ministre Martin, en janvier 2004, qui s'ils étaient mis en œuvre pourraient avoir des impacts fort positifs.
1-Faciliter l'accès de capitaux dans les PME
La Loi de l'impôt sur le revenu permet aux particuliers d'utiliser leur épargne dans un REER pour l'investir dans une petite entre¬prise. Les règles sont cependant complexes et méconnues, ce qui rend cette option très coûteuse pour les propriétaires d'entreprise et les investisseurs. Lors d'un sondage récent de la FCEI pour lequel elle a obtenu 13 750 réponses, 74 % des propriétaires d'entreprise se sont dit en faveur d'une simplification de règles actuelles. Les règles de l'ARC doivent être clarifiées et largement diffusées.
2- Relever le seuil d'imposition des petites entre¬prises à 400 000 $
Le seuil d'imposition des petites entreprises au fédéral sera porté à 300 000 $ en 2006. Sur dix propriétaires d'entreprise interrogés, huit souhaitent que ce seuil soit relevé à 400000 $ et c’est d’ailleurs ce que font certaines provinces, notamment l’Ontario.
3- Augmenter l'exonération à vie pour gains en capital à 1 million $
L'exonération à vie pour gains en capital est restée à 500 000 $ depuis sa création en 1987. Il s'agit du principal véhicule de retraite avec les REER, qui soit à la disposition des propriétaires d'entreprise, et d'un important stimulant pour les démarrages et les expansions d'entreprise. Comme de nombreux entrepreneurs approchent l'âge de la retraite, une hausse de l'exonération faciliterait le passage des entreprises à la nouvelle génération.
4- Entreprendre une étude fédérale sur la disponibilité des assurances et sur la hausse vertigineuse des coûts des assurances de biens et risque divers
La principale préoccupation des propriétaires de PME dans la dernière année a été la hausse vertigineuse des coûts des assu¬rances de biens et risques divers et le manque de garanties, qui menacent l'avenir de leur entreprise et le gagne-pain de leurs employés. Si ce problème n'est pas réglé, l'augmentation rapide des coûts d'assurance des exportations canadiennes, minera la création d'emplois et alimentera l'inflation. Il est nécessaire qu'une étude soit menée à l'échelle nationale afin de trouver des moyens d'abaisser les primes, de responsabiliser le secteur des assurances et de faire en sorte que ce problème ne se reproduira pas à l'avenir.
D'autres mesures gouvernementales pourraient agir comme incitatif à l'entrepreunariat. Quand vous être propriétaire d'une boutique, et que le gouvernement prend 35 cents par dollar que vous gagnez et qu'il vous est difficile de réaliser un profit de 10 cents sur le même dollar, il y a un problème sérieux, lorsqu'on sait que c'est vous qui prenez 100 % du risque. Et si on paie moins d'impôt, peut-être que la perspective de fonder une PME serait plus attrayante pour plus de gens?

















