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CLAUDE VINCENT VOTRE FRANCHISÉ


Par : Jean-Sébastien Marsan

En affaires à Valleyfield depuis six mois sous la bannière Chatel votre nettoyeur, Claude Vincent exploite une franchise dans un domaine peu glamour mais tout de même essentiel à beaucoup de consommateurs: le nettoyage à sec. Fondé en 1984, Chatel possède approximativement 80 établissements au Québec. Malgré la compétition, Claude Vincent croit dur comme fer que l'avenir sourit à ceux qui ont la passion du client.



En quoi Chatel votre nettoyeur diffère des autres entreprises de nettoyage?



Avant j'étais dans l'alimentation, je ne sais pas ce qui se passe dans les autres nettoyeurs. Ce qui m'a le plus intéressé avec Chatel, c'est que le franchiseur est très sincère et que les montants de redevances et de publicité sont plus faibles qu'avec la compétition.



Selon moi, les nettoyeurs se ressemblent tous. Ce sont les gens qui sont à l'intérieur qui font la différence. Si le propriétaire n'est pas sociable, ça n'attire pas les clients. Il faut connaître les clients par leur prénom et porter une attention particulière à chacun d'eux. Peu importe le commerce, je suis convaincu que c'est l'individu qui fait la différence.



Pourquoi êtes-vous devenu franchisé?



J'ai travaillé 20 ans dans l'alimentation. J'avais un magasin IGA, avec une vingtaine d'employés. J'étais tanné de l'alimentation, je n'avais plus de motivation. Alors je me suis dit que je devais essayer autre chose. Les heures d'ouverture du nettoyeur m'attiraient beaucoup; puisque c'est fermé le dimanche, c'est peut-être le commerce idéal pour concilier business et famille.



C'est la principale raison pour laquelle vous êtes devenu franchisé?



Non. Puisque je n’avais aucune connaissance du nettoyage, j'étais sûr qu'en devenant franchisé j'aurais l'appui du franchiseur. Quand on n'a pas beaucoup de connaissances dans un domaine, c'est bon d'avoir des gens sur lesquels on peut se fier.



Quels avantages offre le franchiseur?



Au départ, ils sont disponibles. S'ils ne sont pas là quand je leur téléphone, le retour d'appel n'est pas long. Je sens qu'ils ne me laissent pas tomber.



Dans un nettoyeur, tu peux avoir des équipements usagés ou des équipements neufs. Le franchiseur est très sincère, j'ai eu de l'équipement neuf. Ma laveuse et ma sécheuse sont neuves et ce n'est pas du domestique, mais du commercial. Certaines franchises offrent de l'équipement neuf mais des sécheuses et laveuses domestiques, du type General Electric ou Maytag. Moi, j'ai eu de l'équipement industriel de bonne qualité.



Quelles sont les aptitudes nécessaires pour devenir un bon franchisé?



Il ne faut pas compter les heures qu'on y met. Pour être un bon franchisé, il faut aussi croire en son produit, croire en sa franchise; si tu ne crois pas en ce que tu fais, il faut faire autre chose, travailler pour quelqu'un d'autre. Pour être franchisé, il faut être en santé et il faut vouloir réussir. Parce que la compétition est tellement grosse et que c'est un commerce de services, ce sont les petites attentions qui font la différence.



D'après votre expérience, quels sont les avantages et désavantages de la franchise?



L'avantage, c'est d'être en groupe. Par exemple, quand tu es tout seul, tu ne peux pas te payer de la publicité à la télévision, ça coûte trop cher. Une franchise te permet d'annoncer à la radio et à la télévision et te permet aussi d'avoir un meilleur prix auprès de certains fournisseurs. Le désavantage, c'est que si tu ne veux pas participer à une promotion, tu es obligé de le faire quand même. Faire partie d'un regroupement a des bons et des mauvais côtés, c'est comme un mariage.



Jusqu'à quel point êtes-vous indépendant du franchiseur?



Avec Chatel. on a une bonne marge de manoeuvre. Je choisis les heures d'ouverture. La liste des prix est établie selon la compétition, ce n'est pas nécessairement une liste de prix que je dois suivre avec Chatel. Même chose pour la méthode de travail, je ne me sens pas les mains liées.



Quel a été l'investissement requis?



Moi, j'ai eu de l'équipement neuf. Ceux qui ont de l'équipement usagé paient peut-être un peu moins cher. Au départ, j'ai déboursé 135 000$.



Avez-vous des concurrents dans votre secteur?



Oui, mais entre parenthèses, on ne fait sauter personne! (rire)



Vous n'êtes pas sans savoir que récemment, plusieurs net¬toyeurs de Montréal qui « cassaient » les prix ont été la cible d'incendies criminels. Le secteur du nettoyage à sec serait-il saturé?



Tous les secteurs sont saturés. Demain matin, ouvrez un service informatique; vous allez vous apercevoir qu'il y en a plein autour de vous. Ouvrez un bureau de comptables; là aussi, il y en a plein autour de vous. Une épicerie, même chose. Il y a tellement de gens qui se lancent en affaires et qui recherchent quelque chose d'exclusif, la compétition est partout et il y en aura toujours.



Dans ce cas, quel est le secret de la réussite?



L'individu. J'en suis convaincu. Pas loin de mon nettoyeur, quelqu'un qui avait un service de traiteur depuis des années a ouvert un restaurant. Il a fait faillite. Et moi qui n'a jamais fait du nettoyage, ça fait six mois que je suis en affaires et ça va très très bien, j'ai des nouveaux clients à toutes les semaines. Comme je le disais tantôt, il y a toujours de la compétition mais c'est la qualité du service qui fait la différence.



Avez-vous l'intention de conserver votre franchise longtemps?



On peut très bien gagner sa vie dans le nettoyage.



Sans indiscrétion, utilisez-vous les services que vous offrez?



Bien sûr, je serais effronté d'aller ailleurs! (rires)

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