DAIRY QUEEN BRAZIER À RIGAUD PLUS QU’UN CORNET

Par : Isabelle Rivest
«Le Dairy Queen, affirme Michel Leduc, je suis né dedans.» Il a servi son premier « parfait » dans l'entreprise familiale à six ans. Aujourd'hui dans la force de l'âge, il possède déjà 30 années d'expérience.
Le propriétaire du Dairy Queen Brazier de Rigaud est un homme corpulent, qui se définit comme un «fonceur» et un «entrepreneur». Mais il a bien réfléchi avant de se lancer à son compte. D'abord, il a reçu une formation administrative au cégep. Il aurait pu ensuite offrir ses services à une firme privée, mais il préférait devenir son propre patron.
Développer un nouveau produit et en bâtir seul la renommée lui semblait une aventure trop dangereuse. « Les gens ont confiance en une bannière réputée. Si j'avais ouvert un restaurant au nom inconnu, j'aurais pu remporter un succès local. Mais dès qu'un gros compétiteur se serait installé à côté, j'aurais risqué la catastrophe.» Après avoir bien appris tous les rudiments de son métier, il a donc proposé à ses parents de prendre la relève. «Si on veut être propriétaire de son terrain, une franchise comme celle-là peut demander un investissement de plus de 500 000 $ », dit-il.
Douze ans plus tard, ceux-ci profitent toujours de leur retraite bien méritée. Et Michel Leduc ne regrette pas son choix. Il a choisi Dairy Queen Brazier parce qu'on y gagne bien sa vie. Une des clés du succès, à son avis, c'est d'aimer le concept d'entreprise du franchiseur. Parce que si on veut chambouler toutes les traditions, on peut devenir très malheureux. « On ne change pas une formule gagnante comme Dairy Queen », dit-il.
Il faut aussi croire à son produit. Le reste, c'est beaucoup de travail. Le propriétaire d'une crémerie qui passe ses hivers dans le Sud, ça ne correspond plus à la réalité, prévient-il. D'abord, les Dairy Queen Brazier, qui offrent de la nourriture sur le gril, sont ouverts toute l'année. Ensuite, les gens ont moins d'argent à dépenser. Ce qui fait qu'on est obligé de prendre des vacances très raisonnables.
« Notre temps fort est l'été, quand il fait beau et que tout le monde est en vacances...» Avoir un minimum d'appui de la part de sa famille est donc un atout non négligeable. Là-dessus, il s'estime chanceux, puisque sa femme, gérante, s'implique autant que lui dans le commerce. Et si les Leduc ne comptent pas leurs heures, il n'est tout de même pas question pour eux de se tuer au travail « Une fois par semaine, on "disparaît", raconte-t-il. Il ne faut pas se sentir coupable de s'arrêter. C'est important d'être frais et dispos.»
Il n'a pas toujours été capable d'en faire autant. « Au début, mes journées de congé, je les passais mentalement au bureau.» Il a dû apprendre à faire confiance à son équipe. « Mes 28 employés sont comme ma famille. Il faut savoir s'adapter aux différentes personnalités. J'essaie aussi de les rendre heureux. Si une journée est creuse, je les laisse se reposer, parce que je sais que le lendemain, ils vont peut-être travailler ventre à terre pour moi.» Malgré toutes les responsabilités, Michel Leduc ne voudrait pas changer de vie. « J'organise mon horaire comme je le veux. Si je le décide, je peux partir jouer au golf.» Son conseil dans le choix d'un franchiseur, c'est d'opter pour une entreprise bien établie, plutôt que de succomber aux effets de la mode. De plus, dit-il, il est important de s'assurer de la solvabilité de l'entreprise. Parce que si son franchiseur fait faillite, on se retrouve livré à soi-même, et on est presque assuré d'y laisser sa chemise. « Dairy Queen est une compagnie gigantesque. Et les gens qui y travaillent sont très intéressés par notre succès. Ils sont aussi à l'écoute de nos suggestions, tant sur la publicité que sur les nouveaux types de produits.»
Pour l'avenir, Michel Leduc projette de mieux faire connaître ses produits « brazier ». «Dairy Queen, c'est plus qu'un cornet, dit-il. La plupart des gens ignorent que nos hamburgers sont les meilleurs.» Audacieux, il ne craint pas qu'un McDonald s'installe près de son commerce. « La bonne compétition attire la bonne clientèle», croit-il. L'histoire se répétera-t-elle? Aujourd'hui, c'est sa fille de dix ans qui songe à prendre la relève. « Depuis qu'elle a goûté à nos produits, elle rêve de faire carrière là-dedans », affirme-t-il, avec un brin de fierté.

















